Volem rien foutre à Al Païs
Par Valentin JANIAUT, dimanche 1 avril 2007 à 17:41 | Cinema | #82 | rss

Derrière ce titre un peu étrange se cache un film. Un de ces films où vous êtes 7 dans la salle obscurs. Un de ces films qui passent qu'une semaine au cinéma et encore lorsqu'ils passent. Mais ce n'est pas parce que c'est un film d'art et d'essais. Ce n'est pas non plus parce que c'est un film compliqué, inregardable etc... Non rien de tout ça. C'est un documentaire. Ce n'est pas un documentaire à la Micheal Moore. Ce n'est pas un documentaire voyeur, qui cherche à faire du spectacle. Juste l'articulation autour d'un thèmes d'images, de discours de regards... Pourtant ce documentaire ne passeras pas à la télévision. Vous n'en entendrez pas parlé des les mass-médias. En effet après avoir visionné ce film on ne peut pas rester indifférent. On peut être indigné, hurler au scandale, bref être obtus et ne pas vouloir remettre en question les fondements même de notre pensée. Il remet en cause des bases. Et on ne peut que vaciller aprés ce film (ou alors être obtus !).
Je n'ai pas réellement de mots pour parler de l'impact qu'a eu le film sur moi. Mais je peux décrire en parti ce film. Il réussit à montrer que l'alternative est possible, et même mieux qu'elle existe. Durant 1h40 on voit des français, qui ont réussi à sortir de la logique libérale. Ceci est mis en perspective avec des salariés conscient de se tuer à la tache mais qui n'ont pas le courage de sortir du système, pas le courage de créer le système. Car oui il faut du courage pour créer une communauté auto-gérée. Il faut du courage pour en rejoindre une. Il faut du courage aussi pour critiquer, remettre en cause un système.
Et pourtant il y a une sorte de clarté dans ce film, une simplicité, presque une évidence. L'évidence de l'absurdité du travail et de la place essentielle que doit avoir l'Activité dans l'humanité. On en vient à se demander pourquoi la système tiens encore. On se pose beaucoup de question. Plusieurs scènes m'ont marquées et j'aimerais vous les décrire.
D'abord il y a cette ouverture avec le discours de Pompidou qui donne une très bonne définition du libéralisme, une définition claire comme plus jamais on en a eue car elle fait peur ! Il explique en effet que le libéralisme c'est supprimer le protectionnisme de l'Etat pour mettre chaque individu en concurrence. Et c'est vraiment terrifiant à entendre
Ensuite il y a cette maison déconnectée complètement d'EDF. Auto-suffisante en électricité. Suivis vers la fin du film de cette voiture qui fonctionne avec 75% d'eau et 25% de gasoil. Ou encore cette maison en paille construire pour moins de 15 000 €. Tant d'exemple qui nous font poser des questions sur notre façon de vivre, notre habitat.
Après vous avez un passage sur la violence patronale, qui me fait douter sur ma non-violence, et sur ma définition de violence même. On voit des images de salariés attaquant des biens matériels du MEDEF, ou d'entreprises. Avec le discours de l'un d'entre eux expliquant que c'est de la légitime défense, en effet des salariés meurent chaque jours par centaines à cause de leur travail (accident du travail, suicide ...). A cause de la pression des dirigeants sur eux, du manque d'application des normes de sécurité etc... Le raisonnement va plus loin. En effet ce salarié évoque les délocalisations financières et fait remarquer la violence de ces dernières, jetant des humains à terre, sans ressource dans le seul but d'augmenter un peu les profits d'une entreprise. Bien sur quand je pense à la violence je pense à celle des baricardes des communards, à celle des affrontements avec la police ... Pouvons nous alors répondre à la violence sans violence ? Je ne sais pas. Ce qui est sur c'est qu'on ne doit pas se désolidariser de ces mouvements qui ont les mêmes objectifs que nous. Et voir Bernard Thibaut le faire c'est triste. D'autant plus que le n°2 du medef (M.Kessler) dans la séquence suivante à un discours d'une rare violence sur ces salariés poussés à bout qui utilise les mêmes armes que les gens qui les ont poussés à bout.
Enfin bien sur il y a cette séquence de fin discutable, mais qui fait froid dans le dos. Pierre Carles, le réalisateur du film, pose une question à Mme. Alliot-Marie ministre de la défense lors d'une manœuvre militaire d'entraînement. Il fait remarquer qu'il est dans les missions de l'armée la défense de l'économie de la nation. Ce que la ministre confirme. Il demande dans ce contexte si un nombre important de français arrêtaient le travail salarial ce que ferait l'armé. A cela la politicienne dit ne pas comprendre la question ...
Je pense que ce film auras une influence forte sur mes analyses à venir. Une influence forte aussi sur les engagements que je vais avoir. Ce film auras en tout cas mis en moi un grand nombre de doute. Il est le début d'un questionnement sur l'Alternative, ou plutôt les Alternatives.
)


















"des salariés meurent chaque jours par centaines à cause de leur travail"
Tu peux nous la refaire au ralentis stp
accident domestique 1 personne sur 10 de touché par ans et 18 000 morts par ans
accident du travail moins de 2000 morts par ans
et puis sans parler des chiffres ne trouve tu pas un peu decaler de parler au nom des travailleur toi qui n'a jamais travaillé de ta vie?