AfficheEntrevue2006

Cette semaine s'est tenue la 21éme édition du festival du film de Belfort, de son petit nom : Entrevues. Bon dit comme cela on se dit : un festival du film, à Belfort ?? Y'a pas une incohérence là ?? Bon je l'ai cru, loin d'être un festival de Canne (c'est pas le but de toute façon !) c'est un festival qui avait une programmation moultement intéressante. De plus j'ai pu (grâce à mon jeune âge !) acheter un pass' pour 5€ me permettant d'assister à tous les films ! Je me suis donc fait énormément plaisir cette semaine en allant voir de très nombreux films (pas tous très récent ! Mais c'est ce qui fait son charme !) J'ai donc décidé d'écrire après chaque séances mes impressions sur le film que je venais de voir. Je vous livre dans ce billet un résumé de celles-ci !!

Quand je découvre le cinéma italien

Tout commence Dimanche dernier, un ami amoureux de langue italienne et de son cinéma me propose de venir avec lui voir des films d'un réalisateur italien qu'il aime beaucoup. J'ai toujours entendu dire que le cinéma italien était fantastique etc... Par curiosité je me suis laissé conseillé sur les films italiens à voir. C'est donc par un dimanche pluvieux et froid que nous sommes allés voir : Au nom du pére un film du réalisateur : Marco Bellocchio que je ne connaissais que de nom ! Le thème de film me plaisait beaucoup : En 1958, Angelo entre dans un collège religieux décrépit, où le personnel est pour la plupart arriéré. Angelo se révèle aussitôt différent de ses camarades. Il se révolte contre les règles archaïques qui rythment la vie de l'institut, non sans avoir d'incessants conflits avec le vice-recteur…AuNomDuPere Et bien je dois dire que je n'ai pas été déçu de m'immerger pendant 1h49 dans cette ambiance italienne, religieuse mais pas trop, ou la jeunesse se pose des questions sur le capitalisme, sur la place de la religion etc... Pas déçu non plus de découvrir une fantastique esthétique de l'image. Je ne sais pas si c'était propre au film, mais les plans sur le bâtiment de l'école sont de véritables tableaux. D'ailleurs le générique de début avec ces plans fixes donne l'impression d'un diaporama de peinture de la renaissance : sublime. Par contre j'ai été un peu surpris, voir décontenancé par la manque de liens entre les différentes parties du film, j'ai même eu l'impression par moment de plusieurs court-métrages mis bout à bout !! Particulièrement après la mise en abîme (complètement baroque et absolument hallucinogène !!) de cette pièce de théâtre qui détruit l'Église !! Mais au global j'ai vraiment passé un bon moment !

Mercredi : une journée à thème malgré moi

Suite à la perte d'un portefeuille j'arrive en retard à la premiére séance de 14h (c'est pas grave ywood !!) je file à la caisse prendre ma place pour "In the mood for love" que je voulais beaucoup voir mais malheureusement je suis arrivé trop tard ... C'est comme cela que je me retrouve dans une après-midi à thème un peu malgré moi.
Règle n°1 : ne plus écouter la vendeuse du cinéma pour choisir un film de remplacement

Il y'a toujours plusieurs films sur un même créneau horaire, j'allais donc faire une découverte à la place de In The Mood For Love. Je demande conseille à la vendeuse. Elle me propose d'aller voir une fiction : Mimi, de Claire Simon. L'histoire d'une femme homo-sexuelle. Bon pourquoi pas ! (J'ai toujours été interessé de voir comment les cinéastes traitent ce sujet peu évident à aborder). Je m'installe, mais bon 14h, c'est un peu l'heure de la sieste (surtout avec le réveil à 5h45 ce matin, avec pétard et mégaphone !!). J'étais donc fatigué. Et une responsable du cinéma présente le film "Claire Simon été fasciné par la façon dont mimi racontait sa vie, elle a donc voulu en faire un film". Jusque là pourquoi pas. "Claire Simon est une documentaliste, donc c'est plus un documentaire que vous aller voir". Là j'ai commencé à me méfier. Quand j'ai vu les premiers plans long sur Nice (mimi est originaire de Nice) et le générique bien kitsch je me suis endormi. Je me réveille une premiére fois pour l'entendre parler de son premier amour et de la confession de son homo-sexualité à l'église. J'ai trouvé cela assez intéressant, mais les gros plan sur Mimi entrecoupé de vue de Nice ont eu raison de ma fatigue, je me suis rendormis. Chose étrange je me suis réveillé à un moment ou elle parlait des femmes fontaines ! J'ai du louper un épisode... :o

Règle n°2 : Ne jamais aller aux choses loufoques (ou au moins : s'attendre au pire !)

De 16h à 18h, il y'avait une salle à thème avec trois films : La discontinuité spatio-temporel. Bon en résumé le vieux problème : "si je retourne dans le passé et que je change le cours des choses que se passe-t-il?". On commence avec induction un court-métrage de 9 minutes, présenté comme film fantasme. Étrange, très incompréhensible, et avec une scène de viol particulièrement inutile a mes yeux. Plus globalement, c'est le genre de court-métrage que je trouve prétentieux en voulant montrer au public qu'il n'est pas capable de comprendre ce petit film, cela m'énerve. Dommage car il y'avait de bonne chose avec une très belle esthétique de l'image. Ensuite un court-métrage creux et d'un niveau très amateur de 25 minutes ! Rien de marquant. Heureusement le dernier fiim de 76 minutes rehausse le niveau : Prime un bon film fantastique avec 2 dollars 3 cents par des américains au talent immense ! Faire un si bon film dans un garage, je leur tire tout mon respect. L'intrigue est complexe, on ne comprends pas tout, mais la grande force de se film c'est d'avoir envie de le revoir. C'est court, mais intense, beau, bien fait : j'aime !!

Règle n°3 : Se laisser surprendre
LaCondanna

A 18h j'allais sauver mon après-midi qui avait déjà commencé à être sauvée avec Primer. Suite aux judicieux conseils d'oMan je vais voir avec lui La Condanna de notre cher Marco Bellocchio. Je pourrais sans doute écrire des heures sur ce film, je vais essayé d'être concis ! Le film explore un sujet difficile à aborder en tentant de répondre à une question : "Sommes nous libres dans le désir". Le long-métrage commence avec une scène (assez longue) d'un "viol" dans un musée ! Loufoque, surprenant, j'ai eu un peu peur que ce soit lourd et vulgaire mais le réalisateur à su montrer les choses pour ce quelles sont. Il n'y a pas de vulgarité, pas de fausse pudeur, c'est beau. Ça ne touche pas l'idée de la perfection de ce genre de scène que je peux me faire, mais la derniére scène du genre remonte à "Baise-moi" et j'avais vraiment trouvé cela atroce. Ensuite nous suivons le procès du violeur et les problèmes sexuels du procureur général. Beaucoup de question soulevée sur ce film ont eu de forts échos en moi. J'ai été assez remué après ce film, j'ai revu beaucoup de souvenir. Il y a une telle justesse dans les propos du film, une telle vérité, c'est éblouissant. Rentrer plus dans les détails, ce serré rentrer trop en avant dans ma vie privée, je m'arrêterait donc là.

Jeudi : Le succès des Wong Kar Wai

L'après-midi commence avec un Alfred Hitchcock : Vertigo. Aller voir un tel film est une valeur sure, malgré un petit somme les premières minutes le scénario est toujours aussi surprenant, toujours autant de suspens, et toujours autant de classe dans ces films américains ! Ensuite je voulais aller voir Nos années sauvage de Wong Kar wai mais la personne devant nous dans la file d'attente à pris la derniére place :( . Tant pis ça serras pour une prochaine fois !! Mais décidément quand ça veut pas : ça veut pas !

Vendredi : Quentin Tarantino période I

JackieBrown

Pour moi il y a deux types (et donc période) de film chez Quentin Tarantino : les films assez anciens genre Reservoir Dogs, Jackie Brown et les films plus ou moins récent genre Pulp Fiction ou Kill Bill. Et bien moi décidément je préfére les films période I alors que ywood préfére les films période II ! Jackie Brown que je classe dans la période I me conforte dans cette idée : ywood n'a pas aimé, j'ai adoré !! Enfin bon plus en détails, un film calme avec de l'action bien dosée, froide et plaquée. Un film réfléchis au scénario surprenant ! On se laisse guider agréablement dans les méandres d'une histoire bien ficelée, un très bon moment pour ma part (malgré quelques longueurs parfois !). Enfin j'ai pu choisir ma futur coupe de cheveux et de barbe :) !!

Samedi : Marco Bellocchio : déception

Ce fut encore une journée des échecs ! Tout commence à 15h, je voulais aller voir une "femme coréenne" à 16h, pour cela je devais y aller avec mon vélo stocké dans un local technique du bâtiment de ma résidence : local théoriquement toujours ouvert ! Et bien aujourd'hui il était fermé :( donc pas de vélo ! J15h20 je trouve un vélo, je le récupère, je reprends mes affaires etc... 15h40 je pars, déjà c'est un vélo de course alors je galère pas mal (mais ils sont mal placé ces putains de freins !) ça va super vite (valeuf est pas rassuré sur un tel vélo). Cela faisait 5 bonnes minutes que je pédalais quand je me rends compte que j'ai pas pris mon portefeuille ! Bon des fois faut savoir pas insister, je décide donc d'aller juste à la séance de 18h un film conseillé par notre connaisseur oMan : un Bellochio donc !! Bungiorno Notte de son petit nom. Un film sur l'enlevement et l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades Rouges. Film récent et dans un style assez différent que les précédents que j'ai pu voir du même réalisateur. Le style de film (à savoir : un docu-fiction) me déplaît fortement par principe. Mêler fiction et réalité ça ne fait pas bon ménage. Et bien encore une fois ce fut mauvais ! BungiornoNotteComment un réalisateur peut se permettre de faire des suppositions sur le mental des Brigades Rouges qui ont commis cet acte ? De plus il y'a un parti pris évident que je trouve déplacé. On ne peut pas se permettre de compléter les trous des historiens par de la fiction. Faire des suppositions sur des faits c'est extrêmement dangereux. De plus ne connaissant pas trop l'affaire, j'ai eu vraiment du mal à distinguer la réalité de la fiction ! Il m'aurait parus plus intéressant de faire le même film sans prendre comme appuis cet épisode de l'histoire. En effet cela gâche le très beau message de l'héroïne, message que je partage pensant comme elle qu'aucun changement ne justifie la violence et la barbarie. De même le questionnement sur la réalité et le bien fondé de la lutte des classes passe mal à cause de l'appui historique ! En un mot : dommage !

Il faut parfois se laisser un peu tenter, j'ai donc décidé d'enchaîner sur la cérémonie de clôture du festival, avec la diffusion en avant-premiére du dernier Bellocchio !! Restons dans le thème ! Une heure de remise prix, n'ayant pas trop suivis la partie compétition du festival, j'étais bien largué et je me suis ennuyé ! J'ai pu voir Chevénement en vrai, vivant (j'en doutais !) raconté comme il avait suivis la rétrospective Bellocchio et répéter sagement ce qu'on lui avait dit de dire pour être intelligent sur le cinéma italien (c'est marrant j'ai jamais vu Chevenement à aucune séance aux quels je suis allés !). Nous avons pu ensuite regarder Il regista di matrimoni film présenté comme léger par Bellochio ! Et bien c'était fourbe, il a l'apparence d'un film léger, mon cerveau avait donc enclenché le mode adéquat, mais malheureusement plus on avance plus les choses se complique, et j'ai décroché, pour finir par ne plus rien comprendre à l'histoire, mais alors plus rien du tout ! C'est dommage ça commencait pas mal : le film était drôle, mais alors à la fin c'était fouillis ! Apparemment c'était une version pas finie (le film ne sortant qu'en février en Italie), il faut espérer que le montage serras revu pour remettre un peu de cohérence dans tout cela !